A 66 ans, Hubert-Felix Thiéfaine sort son 17e album « Stratégie de l'inespoir » en 2014 indiscutablement l'un des meilleurs.
Sa présence était donc naturelle et nécessaire au festival Musicalarue. Il colle à tout point de vue à l’esprit et la philosophie du festival. Laborieux comme les membres de l’association organisatrice implantée à Luxey depuis plus de vingt ans. C’est pierre par pierre qu’il a construit son édifice sans compromission en traçant sa route. C’est donc un habitué du lieu puisqu’il y est déjà venu en 2012. Après sa consécration médiatique il est de nouveau là. Il vient en ami. A quelques secondes du début de son concert une forte averse a fouetté le terrain des Sarmouneys. « Je vous ai ramené la pluie »lançait-il à l’impressionnante foule amassée devant la scène. Charrieur le Jurassien mais quelle sobriété comparé à son prédécesseur qui en a fait des tonnes. Et quels musiciens mamamia !
«Je suis plus en forme qu'avant» disait-il à l'occasion de la sortie de ce disque sorti trois ans après le triomphe de « Suppléments de mensonge » qui l'a mené jusqu'à Bercy et aux Victoires de la musique où il a été consacré album et artiste de l'année. On le croit sur le champ vu sa prestation sur la scène des Sarmouneys le 14 août.
Estampillé chanteur à texte la chanson "La Fille du coupeur de joints" l'a révélé au grand public en le faisant sortir des tréfonds de l'underground.
Chanteur-poète écorché vif, il puise son inspiration auprès d'écrivains comme Rimbaud, Verlaine, Baudelaire ou Lautréamont, qu'il cite abondamment.
Ses influences il les puisent aussi parmi les auteurs de la beat génération : littérature, sexe, drogue, folie... Une ode à la vie et à la mort. Il va bien en tant qu'être humain mais un peu moins bien comme citoyen. Le titre « Stratégie de l'inespoir », traduit un peu cela. "L'inespoir, ça n'existe pas. Ce n'est ni positif, ni négatif. Il paraît plus négatif mais ce n'est pas le désespoir" indiquait-il à la sortie de son album. Une des autres chansons s'appelle « Médiocratie » parce qu'il juge sévèrement l'époque qu'il juge "assez médiocre".