BKS est l’acronyme de « Best Kept Secret », le secret le mieux gardé. Ce secret serait-il lié au fait  qu’il a découvert sur le tard qu’il était un rejeton de la fratrie Manu Dibango ?

Né dans le XIIe arrondissement de Paris, il se passionne pour le basket en se rêvant un jour champion de la NBE… le mythe Michael Jordan y était probablement pour quelque chose. L’histoire a fait que toute la famille menée par son beau-père s’expatrie en Virginie avec pour projet de tenter de vivre une autre vie, meilleure peut-être que celle qui est réservée en France aux familles issues de l’immigration. Mais on était loin du rêve américain et James se retrouve dans un Community College dont l’image était loin de celle des campus universitaires verdoyants. Cette structure marquée socialement rassemble toutes les nationalités, mais elles ont l’avantage d’être non sélectives et bien moins chères que les grandes écoles. La scène rap et Hip-hop américaine ont déclenché un électrochoc fondateur. Une révélation pour James qui a fait feu de tout bois de tout ce qu’il entendait à la radio, dans la rue ou le préau du collège. Après les cours et l’entraînement de basket, il se précipitait sur sa PlayStation pour composer avec le logiciel Music Generator. Il se donne corps et âme pour le Rap et devient un des compositeurs des cadors du Hip-hop américain : Puff Daddy, Ja Rule, T-Pain, Snoop Dogg, Talib Kweli…), mais grosse frustration il ne les a  jamais croisés.

De retour en France, il crée la New World Music, une fusion de percussions africaines, Hip-hop et mélodies pop pour un résultat époustouflant dont on mesure la puissance avec son tube New Breed, fruit d’une collaboration avec la rappeuse anglaise Little Simz et la légende américaine Q-Tip. Ses retrouvailles avec son père biologique avec lequel il partira sept ans en tournée lui fera découvrir la terre de ses origines, le Cameroun,et ses dizaines de rythmes africains. Il embrasse un pan de sa propre culture qui manquait à ses créations. «Il m’a appris les musiques traditionnelles, le jazz, la soul; j’ai eu la chance d’apprendre son histoire à travers lui ».

Décédé en mars 2020 à l’âge de 86 ans des suites de la covid-19, Manu Dubango la figure paternelle restera omniprésente dans ses concerts. James BKS revisitera le tube « Soul Makossa » (1972). « Manu m’a permis de me reconnecter avec ma propre histoire. J’ai pu donner un sens à ma vie ».

Mais quelle belle idée a eu le festival d’avoir programmé ce fils prodige de l’africanité sans oublier la belle et talentueuse Anna Kova qui a enchanté le public du Boudu.