« Ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule« , faisait dire Audiard à Max et Riton dans un de ses dialogues de ce film sorti en 1975.

Et bien c’est à quoi s’applique Gérard Baste, rappeur de son état. Et c’est du haut vol ! Attention aux
écoutilles : « vaut mieux Maître Kanter que Maître Gims ». S’il voue une adoration pour le brasseur du
groupe Flo, il deteste le sérial tubeur roi du playback qui vampirise les plateaux de télé… et pas les
meilleurs d’ailleurs.
Gégé c’est un peu le « Renaud » des années, l’engagement en moins. Lui c’est plutôt la version jeux vidéo, junk-food, bières et soirée télé vautré sur son canapé. Bof rien de franchement révolutionnaire.

En fait il cultive le look du rappeur fainéant, glandeur et pochtron (la bouteille de bordeaux est
l’effigie de sa tournée) à l’exacte inverse des rappeurs américains et de leurs pâles copies
franchouillardes qui bombent le torse, roulent en grosse cylindrée allemande et exposent leurs
quincillerie : bagouses, Rollek et autres canines en or… avec évidemment de belles pépées sur les genoux en train de se trémousser.

Et finalement on finit par lui trouver beaucoup de circonstances atténuantes, voire même un certain talent.

Les jeunes accrochent et se défoulent allègrement avec « Dans mon slip » qui a fait un carton sur
plateformes de vente en ligne. Le « Prince de la vine » son dernier album solo semble bien parti pour
cartonner.
Gégé c’est du « Rap de papa »pour la ménagère de moins de 50 ans, le roi des punchlines qui enfoncent des portes ouvertes.
C’est le rappeur made in France. Il a son public incontestablement et celui de Malestroit n’a pas boudé
son plaisir. Reconnaissons-lui la présence sur scène de musiciens live avec notamment un excellent guitariste

Eloignez les enfants avant qu’il ne soit trop tard !