Iggy Pop casse la baraque !
Pour réunir les conditions du succès un festival il faut, outre une programmation de qualité, une organisation technique irréprochable sinon c’est chronique d’une catastrophe annoncée.
Lost In Limoges a sans nul doute évité l’approximation ou les économies de bouts de chandelle en ne mégotant pas sur le dispositif scénique, notamment en louant la grande scène du festival Métal Helfest de Clisson en Loire Atlantique. Il fallait au moins ça pour accueillir le vieil iguane Iggy Pop.
S'il fallait bien une tête d'affiche digne de ce nom pour un premier festival, on ne pouvait trouver mieux ! L'insubmersible légende du rock qui sort indemne et ragaillardi de cinquante années d'une carrière agitée et tout en rebondissements a tout simplement donné tout son sens à la première édition du Lost.
Artiste de scène le plus survolté de tous les temps, Iggy Pop a traversé à la fois le punk des années 70 et le grunge des années 90.
C’est un survivant qui n’a pas encore rejoint le cimetière des éléphants. Et il n’est pas prêt d’y aller. Les petits jeunes qui sont passés sur cette même scène avant lui ont du mouron à se faire. Une carrière se construit dans la pugnacité et dans la durée.
Iggy fait donc un retour fracassant en solo après une tournée mondiale triomphante avec The Stooges.
Quand on est bon on est bon… le temps ne change rien à l’affaire !
Iggy le vieil iguane de près des 70 berges carbure au plutonium enrichi a cassé la baraque hier soir sur la grande scène faisant sortir de leur léthargie des festivaliers sonnés par le soleil de plomb qui a baigné l’esplanade du Mas de l’Âge toute l’après-midi.
Ceux qui voulaient voir à quoi ressemblait un concert de rock digne de ce nom ont été servis ! On ne rigole pas du côté des iguanes.
Torse nu comme à son habitude, reluisant sous les sunlights… il a entamé son concert sans ambages. Telle une armada s’apprêtant à traverser l’océan par gros temps ! Il lutte et se démène… Descends de scène harangue le public qui n’en peut plus.
Il ne le laisse pas reprendre son souffle. Il le malmène et l’entraine dans une furia musicale qui fait oublier les artistes précédents.
Iggy le magnifique commet l’exploit de rassembler toutes les générations et les mettant à l’unisson.
Il chante, danse, saute, provoque la foule… 2h durant renvoyant les artistes suivants programmés sur la même scène aux aurores.
Chapeau l’artiste !