Depuis la disparition de Césaria Evora la diva de la saudade et de la morna en 2011, la scène capverdienne était en deuil. La figure emblématique de cette artiste qui a fait découvrir ce son si particulier s’était tellement imposée qu’elle finissait par faire oublier que cette ancienne colonie portugaise fourmillait de talents.
Elida Almeida en une parmi d’autres comme Mayra Andrade ou Fantcha.
En deux ans et trois mouvements elle s’est forgée une solide réputation sur les scènes des musiques du monde. Cette belle et talentueuse capverdienne évolue avec une aisance déconcertante du batuque au funaná, en passant par la morna ou la coladeira.
De balades nostalgiques aux rythmes plus pop à la sauce capverdienne, elle met l’accent là où ça fait mal : critique sociale, injustice, pauvreté…
La carrière déjà bien entamée lui fait découvrir le monde et prendre conscience qu’il y d’autres injustices ailleurs, souvent les mêmes. Son port d’attache reste Praia la ville où elle a vécu. Ses chansons sont faites de souvenirs ou se mélangent les bons comme les mauvais moments. Une tendre pensée de sa grand-mère paternelle ou elle a grandi, le potager dont il fallait s’occuper car il fournissait les principaux repas de la famille faits de courgettes, aubergines avec du riz, des bananes, du manioc… Les fruits évidemment avec des mangues, papayes, goyaves. Pieds nus aller chercher l’eau très loin…
Ses chansons sont imprégnées de tous ces souvenirs qui s’expriment dans la saudade où se mêle mélancolie, nostalgie et espoir d’une vie meilleure.
Elida Almeida la nouvelle perle du Cap-Vert