47Soul : la Palestine haut les chœurs !
C’est la bonne surprise que sait mitonner le festival du Bout du monde et qui fait honneur à son patronyme.
47Soul fait référence à la période pré-Nakba en 1947 où il était encore possible de circuler librement en Palestine.
Formé en 2013 à Amman en Jordanie, ses membres se sont rencontrés grâce à la magie des réseaux sociaux chacun écoutant les musiques des autres. Et de la leur aventure commence : répétitions improbables, premiers concerts bricolés ici ou là. Chez l’un ou chez l’autre, dans une arrière-boutique, dans une cour…
Le son de 47Soul entremêle électro et musique traditionnelle arabe. Les musiciens jouent en direct chacun avec son instrument : synthé, darbouka, guitare et percussions… Les chants s’y greffent puissants et bouleversants à la fois en arabe et en anglais. Leur message n’a pas un caractère militant au sens propre mais ils dénoncent sans nuances les problèmes concernant les libertés et les inégalités à Bilad Al Sham , ville qui enjambe les divisions de Amman à Galilée et de Ramallah au reste de la diaspora Palestinienne. Mais leur message conserve une dimension universelle. Ici ou là demeurent des injustices qui causent des souffrances.
Le Dabke Electro Arabe dont ils sont en quelque sorte les inventeurs produit un son qui a rapidement conquis de nombreux fans du Monde Arabe.
Ils ont sillonné de nombreux pays arabes, l’Europe, le Chili, l’Australie, la Nouvelle-Zélande… Un constat amer : détenir un passeport palestinien n’est pas le meilleur passeport pour voyager. Lorsqu’une date de concert est signée ils n’ont pas de garantie d’obtenir un visa. Pas mieux pour la France !
« Il ne s’agit pas d’un conflit car un conflit, c’est entre deux parties égales, nous ne sommes pas égaux. Il s’agit d’une occupation, d’un apartheid », s’indigne Walaa l’un des membres fondateurs du groupe. « Je suis palestinien, je me considère comme un citoyen du monde, mais je vis comme un citoyen de troisième classe sur mon propre territoire. »
La messe est dite !
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